Commémoration du centenaire de l’armistice

Commémoration du centenaire de l’armistice

Nous avons participé à la commémoration du 11 novembre. C’était le centenaire de la signature de l’armistice. Nous avons lu une lettre écrite par un poilu. 

Gustave Berthier était un instituteur de la région de Châlon-sur-Saône, tout comme sa femme à laquelle il était marié depuis 1911. Ils habitaient Sousse en Tunisie. Mobilisé en août 1914, Gustave a été tué à Bully-les-Mines le 7 juillet 1915. Il avait vingt-huit ans.

Le 28 décembre 1914

Ma bien chère petite Alice,

Nous sommes de nouveau en réserve pour 4 jours, au village des Brebis. Le service tel qu’il est organisé maintenant est moins fatigant. Quatre jours aux tranchées, quatre jours en réserve. Nos quatre jours de tranchées ont été pénibles à cause du froid et il a gelé dur, mais les Boches nous ont bien laissés tranquilles.

 

Le jour de Noël, ils nous ont fait signe et nous ont fait savoir qu’ils voulaient nous parler. C’est moi qui me suis rendu à 3 ou 4 mètres de leur tranchée d’où ils étaient sortis au nombre de trois pour leur parler.

Je résume la conversation que j’ai dû répéter peut-être deux cents fois depuis à tous les curieux. C’était le jour de Noël, jour de fête, et ils demandaient qu’on ne tire aucun coup de fusil pendant le jour et la nuit, eux-mêmes affirmant qu’ils ne tireraient pas un seul coup.

Ils étaient fatigués de faire la guerre, disaient-ils, étaient mariés comme moi (ils avaient vu ma bague), n’en voulaient pas aux Français, mais aux Anglais. Ils me passèrent un paquet de cigares, une boîte de cigarettes bouts dorés.

Je leur glissais Le Petit Parisien en échange d’un journal allemand et je rentrai dans la tranchée française où je fus vite dévalisé de mon tabac boche. Nos voisins d’en face tinrent mieux leur parole que nous. Pas un coup de fusil.

 

On put travailler aux tranchées, aménager les abris comme si on avait été dans la prairie Sainte-Marie. Le lendemain, ils purent s’apercevoir que ce n’était plus Noël, l’artillerie leur envoya quelques obus bien sentis en plein dans leur tranchée.

Nous voilà aux Brebis maintenant. Faillaut a invité hier tous ses chefs de section. Repas merveilleux qui a dû lui coûter cher. J’ai trouvé un lit chez une bonne vieille où je me repose comme une marmotte.

[…] Fais part de mes amitiés à tous. Mes meilleures caresses aux petites, et à toi mes plus affectueux baisers.

Gustave.

 

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